L’effet osteoinducteur du rayonnement Laser, Hypothèses, observations, résultats cliniques

  1. Rappel Théorique
  2. Protocole
  3. Conclusion
  4. Bibliographie

Le devoir de tout acte, est d’obtenir une réparation conforme aux résultats souhaités. L’application d’un facteur extérieur sur l’organisme favorise une différenciation du tissu conjonctif mais uniquement lorsque les stimulations sont maîtrisées. L’organisme s’adapte génétiquement, non physiologiquement.
« Le choc laser est un procédé de génération de contraintes résiduelles qui s’apparente au grenaillage de précontrainte mais sans contact : c’est une impulsion laser qui induit une onde de pression traversant la pièce, et génère une déformation plastique. La profondeur de la couche déformée plastiquement est significativement plus importante que pour la plupart des autres procédés de traitements de surfaces tels que le grenaillage de précontrainte. » C’est aujourd’hui l’orientation d’utilisation du laser en mécanique et micro-mécanique.

Fort de cette observation et en appliquant nos connaissances sur la physiologie osseuse et les nombreuses études sur les facteurs favorisant la formation osseuse (micro induction mécanique) nous pouvons avancer l’hypothèse que la différenciation conjonctive et l’accrétion osseuse sont susceptibles d’être stimulées par l’effet « mécanique » du laser.

RAPPEL THÉORIQUE

Avant toutes observations et hypothèses, il faut se baser sur les théories de la physiologie osseuse et des tissus mous, sans oublier la génétique et également l’utilisation des lasers.
La physiologie est basée sur des constantes qui peuvent être influencées par les sollicitations environnementales et donc agir sur les gènes, c’est l’ecogenetique (l’étude des interactions entre l’homme et son environnement)

L’observation du tableau sur la physiologie (Fig1) du Pr. FERRI Joël (Chef de service de chirurgie Maxillo-faciale et stomatologie. LILLE) selon la théorie de Carg A, associée au principe de biomécanique, permet d’observer que pour obtenir une réparation il est nécessaire de favoriser une vascularisation, une inflammation aiguë,
ainsi que des micromouvements (Fig2) du site traité. Ceci va favoriser la formation de tissus osseux et conjonctif dans un but de réparation tissulaire et d’éviter une perte tissulaire irréversible. De nombreuses bibliographies montrent que le micromouvement situé entre 5μm et 40μm favorise la formation d’os (1), par contre un micro déplacement supérieur provoque la formation de tissus fibreux (2) ; de plus la fermeture d’une plaie est de 21 jours avec une résistance mécanique de 15% par rapport a la peau normale (3), cela donne une fenêtre physiologique de travail réduite si on veut induire une réparation significative de nos tissus.
Concernant l’utilisation du laser, il est générateur de contraintes résiduelles sans contact; qui entraînent une dilatation induisant une réaction d’ondes de chocs provoquant une réaction mécanique (4). Pour son utilisation industrielle (5) les pièces sont revêtues d’un revêtement de protection et d’une couche de confinement, sous forme d’un filet d’eau, ceci permet la création d’une onde de pression traversant la pièce et générant une déformation plastique (Fig3). La mise en oeuvre clinique du laser est réalisée dans des conditions similaires.
Fort de ces constantes et observations nous pouvons avancer l’hypothèse que les actions environnementales vont influer sur les corps sollicités et donc avoir une action génétique en accélérant ou modifiant la réparation.

PROTOCOLE

Aujourd’hui l’orientation de cette étude est d’émettre l’hypothèse que l’action mécanique (micro contraintes) des lasers sur les tissus permet une reconstruction tissulaire accélérée sans dégradation de surface , Les 7 effets déjà prouvés vont favoriser la décontamination avec la photothérapie dynamique (6), la cicatrisation et également la stimulation cellulaire avec les protéines HSP de protection contre le stress thermique qui favorisent la réplication de l’ADN et la biogenèse des organites cellulaires (7).

Quel matériel ?

On utilise un laser Nd Yap correspondant à une longueur d’onde de 1340 nm pour une puissance de 3W et fréquence de 10Hz avec une fibre de 320μ , une couche d’eau pour le confinement ainsi qu’un revêtement de protection (tissu de granulation) ; le même
protocole que dans l’industrie est utilisé pour obtenir une onde de pression entraînant une micro déformation sous jacente.

A QUEL MOMENT DE LA CICATRISATION INTERVENIR ?
L’idéal est d’agir entre le 7ème et le 15ème jour, date ou des substances ostéoïdes sont présentent, la vascularisation s’organise, du tissu de granulation est encore présent sur le site (Fig1) et la résistance mécanique des tissus n’est que de 15%, ce qui permet d’agir sur des tissus malléables évitant un risque de micro fracture
irréversible (le but est d’obtenir une réparation).

Le but ?

Obtenir des micros contraintes appliquées sur l’os immature fibreux, dans le but de favoriser l’accrétion osseuse dans les zones où l’on note l’absence de tissu conjonctif.

Quel protocole chirurgical ?

  • Chaque acte est réalisé suivant les principes d’extraction, implantation, mise en charge immédiate (dans le même temps chirurgical).
  • Les dents sont dans chaque cas au stade d’alveolyse terminale.
  • Utilisation de PRF et d’os autogène.
  • Aucune suture n’est réalisée pour éviter l’ischémie et la compression des tissus mous.
  • Aucune utilisation du Laser dans cette séance.

Mise en oeuvre du traitement laser:

  • Aspersion du site.
  • Tirs en contact tissulaire de 2 à 3 secondes à 3Watts sur la plaie inondée.
  • Tirs répétés avec des pauses de 5 à 10 secondes jusqu’à obtention d’une plaie rosée (léger saignement).
  • Nouvelles stimulations à 1 mois
  • Pas d’anesthésie.

Obligation post opératoire du patient ?

Absence de brossage et de bain de bouche durant 72 heures minimum (éviter toutes stimulations mécaniques parasites).

Résultats et observations

Les constatations radiologiques et cliniques, nous amènent à émettre les hypothèses suivantes :
Les tirs lasers n’ont en aucun cas entraîné une destruction tissulaire irréversible
La mise en charge immédiate et la bio stimulation mécanique semblent avoir favorisées la formation osseuse sur la partie coronale de l’implant.

CAS CLINIQUE 1

Mme X, 57 ans
12, 11,21 au stade d’alveolyse terminale
Traitement: extractions, implantations,
Mise en charge immédiate
Bio stimulation tous les 15 jours pendant 1 mois.

Les deux cas cliniques suivants (cas cliniques N°2 et N°3) sont effectués suivant le même protocole opératoire.
Leurs simples descriptions par vérifications radiographiques suffisent à montrer la reproductivité des résultats obtenus.

CAS CLINIQUE 2

Mme Z, 60 ans
21 au stade d’alveolyse terminale
Traitement: extraction, implantation,
Mise en charge immédiate
Bio stimulation tous les 15 jours pendant 1 mois.

CAS CLINIQUE 3

Mme Y, 83 ans
21 au stade d’alveolyse terminal
Traitement: extraction, implantation , Mise en charge immédiate
Biostimumation tous les 15 jours pendant 1 mois


CONCLUSION

Toutes sollicitations tissulaires extérieures vont entraîner des réactions en chaîne qui ont des répercutions plus ou moins irréversibles sur l’organisme.
Notre mission aujourd’hui est de favoriser la formation tissulaire en exploitant les connaissances physiologiques, le matériel et les matériaux mis à notre disposition.

L ‘utilisation des Lasers a prouvé leurs efficacités dans de nombreux domaines. L’orientation concernant l’utilisation industrielle est principalement axée sur l’aspect de la déformation interne mécanique, ce qui peut nous amener à avancer l’hypothèse que les Lasers ont des effets micromécaniques tissulaires pouvant favoriser la différenciation du tissu conjonctif en tissu osseux.

Dans cette étude , une réparation significative avec des résultats cliniques visuels positifs ,est observée moyennant l’exploitation simultanée des micros chocs de l’onde laser et du micromouvement appliqué au tissu conjonctif. Le terme de biostimulation peut être associer à celui de biomécanique.

BIBLIOGRAPHIE

(1) J Bone Joint Surg Am., . Jasty M, Bragdon C, Burke
D, O’Connor D, Lowenstein J, Harris WH. 1997 May;
79(5):707-14 .In vivo skeletal responses to porous-surfaced
implants subjected to small induced motions Department of
Orthopedic Surgery, Massachusetts General Hospital and Harvard
Medical School, Boston 02114, USA.
(2) Dominique P. Piolettia,*, Jan M. ullerb, Lalao R.
Rakotomananac, Jacques Corbeild, Edmond Wildb
Effect of micromechanical stimulations on osteoblasts:development
of a device simulating the mechanical situationat the bone–implant
interface, La Jolla, USA-14 august 2002.
(3) SENET P- Physiologie de la cicatrisation cutanée –EMCDermatologie
2007 : 1-9(article98-040-A-10)
(4) Michel BOUSTIE 1, Laurent BERTHE 2, T. de RESSEGUIER
1, Michel ARRIGONI .Laser Shock Waves:
Fundamentals and Applications ; July 16-18 2008, Montréal,
Canada
(5) Olivier Higounenc Directeur Technique et Commercial MIC
France. Choc laser, état de l’art et développements industriels.
(6) Gérard REY. ALPHA OMEGA NEWS –– N°148 – AVRIL
2012 . «Le protocole de traitement parodontal lasers assisté »
(7) TavarieMetColl. “Ahitchhiker’sguide tothehuman
HSP70family”. Cell Stress Chaperones, vol.1, N°1:April1996


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